Déchaînée, je m’amuse à souffler sur les cierges allumés, à m’approcher de la grille du confessionnal pour une confession improvisée. Mes manigances font rire le groupe, toutefois, les jours suivants, Réjane amène la conversation sur la religion. Je lui dis être incroyante, et même athée, elle paraît réellement choquée, « moi j’y crois dur comme fer » ; à vrai dire cela m’étonne : je ne soupçonnais pas qu’après mai 68, on « croyait » encore, chez les jeunes.
« Pourquoi as-tu fait ta communion, si tu ne croyais pas ?
- On ne m’a pas demandé mon avis.»
Réjane persiste à dire que c’est triché, que je devais refuser. Elle ignore que ma mère se serait sans doute vengée de quelque manière.
A la fin du mois d’août, Réjane se rend à E en car et ses amies la suivent : elle va acheter un uniforme pour le lycée où elle entre en seconde en tant qu’interne.
Dans le car elle me chante " La Rirette" je suis charmée par cette ritournelle.
Comment tu ne connaissais pas?
Je passe pour une godiche...
Elle et moi nous quittons en assez bons termes.
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